Trop de gens prétendent aimer le rap alors que lorsqu'on leur cite les noms de "grand master flash" ou "Sugarhill Gang" ils te répondent les yeux ecarquillés : " c'est quoi ça ? "
C'est pourquoi mon Blog a une visée instructive!
Pour ceci je vais faire une petite chronologie des moments importants du rap, vous êtes prêts les enfants ? On commence !
1976 : 1ere Block Party dans le Bronx, le principe est simple : c'est une fête illégale dans la rue, le DJ (disc jockey, celui qui passe les disques) se pointe avec un ou plusieurs MC (Maître de cérémonie), le Dj balance le son, le MC fout le feu en invitant les gens à danser avec des phrases à base de "wave your hands in the air like you don't care"! Les jeunes s'y réunnissaient pour faire la fête tout simplement.
1977 : les "Last Poets" sortent "Delight of the Garden". Ce groupe fut créé en 1969, autant dire que c'est pas des des p'tits nouveaux dans le rap. Ils le disent eux-mêmes dans leurs paroles : "we were rappin' when you still nappin" (on rappait quand tu tétais encore). C'est un groupe plutôt engagé, affilié aux Black Panthers, aux chansons plus qu'alarmantes : "run nigger, run", "wake up nigger"... enfin vous voyez le style!
1979 : sortie du maxi "rappers delight" de Sugarhill gang (voir photo)! Premier disque ayant un réel succès commercial : je suis sûr que vous l'avez dejà entendu ! C'est plutôt l'époque du rap festif : "I say the hip, the hop, the hippie, the hippie to the hip hip hop and you don't stop", le genre de truc qui veut rien dire mais qui fait quand même bouger les têtes !
De plus Sugarhill gang est un groupe bidon monté pas Sylvia Robinson qui créa Sugarhill record (label le plus important pour le rap oldschool des années 80).
1982 : THE MESSAGE!!!!!! de Grand Master Flash (voir photo), Mlle Mel and the Furious Five sort ! Ce titre marque une rupture dans l'histoire du rap : c'est l'arrivée du rap réaliste. The Message décrit les quartiers pourris, les jeunes en détresse, la vraie face du ghetto New Yorkais. ("don't push me cause I'm close to the edge, I'm trying not to lose my head" = ne me pousse pas car je suis au bord du gouffre, j'essaye de ne pas perdre la tête).
1984 : "renegades of funk" d'Afrika Bambaataa (c'est le gars avec le bonnet sur la photo de l'article au-dessus)accompagné des Soul Sonic Forces sort. Celui-ci est un visionnaire du rap qui fonde la zulu nation, mouvement dont le but est de sortir les jeunes des ghettos de la violence en canalisant leur rage par la danse, le rap, le graffiti, le DJing (l'art de manier les disques).
1985 : création du label Def Jam fondé par Russel Simmons, il signe Kurtis Blow, ce label signera par la suite les plus grandes stars du rap tels que Method Man, Red Man, Dmx ou encore le sudiste Ludacris.
1987 : LL Cool J sort "I need Love". Alors agé de 16ans il est l'un des rares rappeurs à être encore en exercice de nos jours !
La même année c'est le rap conscient qui s'impose de plus en plus sur la côte Est. Les premiers abums de Boogie Down productions et de Public Enemy sont pressés. Ces deux groupes font partie des premiers rappeurs à être vraiment pris au serieux par les journalistes blancs à cause des textes foudroyant toutes les injustices du "rêve" américain, notamment avec Sound of da Police de Krs One (vous savez la chanson qui fait "Woop Woop, As the sound of tha police, Woop Woop,As the soud of tha beast").
1989 : Run DMC s'associent à Aerosmith pour le morceau "walk this way". Celui-ci est la première fusion rap-rock (eh oui tous les gars comme limp bizkit n'ont rien inventé ! )
1990 : sortie du premier album de 2 Live Crew, groupe scandaleux originaire de Miami, aux textes pornographiques et hurlant dans leurs chansons "WE WANT SOME PUSSY" (ce qui veut carrément dire "on veut de la chatte"). Ce groupe fut privé de certains concerts dans des Etats refusant d'accueillir ce groupe de jeunes blacks en rut !
La même année Jazzy Jeff et The Fresh Prince (alias Will Smith) sortent leur single "Summertime". Ces derniers ont fait du rap festif et bon enfant (voir commercial) leur spécialité.
1992 : "Enter The Wu Tang 36 Camber" du Wu Tang Clan est dans les bacs ! Cet album au samples bizarres et au son dégueulasse est un pur classique (pour moi le meilleur album de rap US !), oscilant entre mysticisme délirant et rage de dénoncer !
La même année sort le premier album solo de l'honnorable Dr Dre : "The Chronic" c'est alors l'apogée du son G Funk. Le G Funk (gangsta funk) est un mélange de rap avec des sonorités plutôt funky. Les groupes funks tels que Parliaments, Funkadelic ou Bootsy's Ruber Band avaient créé le P Funk. Dr Dre et ses compères ont d'ailleurs largement pillé ces groupes pour utiliser leurs samples a leur guise!
On entre alors dans une nouvelle ère, Public Enemy et Krs-One ne vendent plus, déshormais c'est la forme qui compte plus que le fond. Les gangstas font des barbecues entourés de femmes en maillot de bain et se pavanent dans des cadillacs low riders dans leurs clips... On est loin de l'esprit radical de Boogie Down Productions!
1994 : Sortie de l'album Illmatic du rappeur encore inconnu nommé Nas, ses descriptions des quartiers défavorisés du Queens sont alors exemplaires. Mais les référencesfarfelues a l'Illuminati et la théorie de complot assombrissent le tableau mais cet album reste néamoins un classique.
1996 : 2 Pac sort All Eyez On Me sur le label aux multiples embrouilles Death Row. Tupac est le MC qui explique le mieux cette constante dualité entre conscience et matérialisme, fils d'une ancienne militante Black Panthers tombée dans la toxicomanie, il était complétement lucide sur ce qu'il est : il dis être constament partagé entre une certaine conscience politique et des sales histoires qui le ratrapent constament.
Il meurt la même année dans une fusillade, il devient alors une légende, sa mort fut le plus gros coup de pub pour le label Death Row. Tupac n'a jamais autant vendu de disques que depuis sa mort!
1997 : L'esprit du rap part en couille Jay-Z et autres Puff Daddy accentuent la tendance ultra-materialiste et sexy, le rap se lie au R&B pour sortir du rap à l'eau de rose au détriment du rap hardcore. Les bitches assumés tels que Lil'Kim ou Foxy Brown remplacent les Roxane Shanté ou Queen Latifah (des rappeuses qui savent se faire respecter).
1998 : Master P le sudiste pèse alors 56,5 millions de dollars grâce à son label No Limit Records. Le succès de Master P et son écurie est surtout due a l'apologie du fric et des grosses caisses, pour ce il sufit de voir les pochettes de ses albums (montre en or, champagne, grosses baraques...).
L'argent devient alors une obsession pour certains rappeurs et surtout chez les sudistes. Le son Bounce du Dirty South fait bouger les bootty mais pas la matière grise.
Fort heureusemnt pour l'ésprit Hip-Hop il éxiste encore des rappeurs sensés ayant une réelle conscience politique tel que The Roots, Common, Company Flow, Mos Def ou encore Dead Prez.
Evidement le rap venant des classes sociales il est normal que les aspirations à un monde meilleur se soit doublés d'un désir de richesse et de frime. par opposition, le refus de l'argent comme moteur de l'aliénation est une idée souvent issu des rebelles des classes moyennes.
1999 : La naissance d'un dieu, ex roi du gangsta rap Dr Dre produit le second album d'Eminem et sort par la même son propre album Chronic 2001. Les deux albums rencontrent un grand succès auprès du public, je ne parle pas d'Eminem tout le monde le connait on en entend parler partout (même un peu trop à mon goût).
Dr Dre entre alors au rang des producteurs super stars tel que Timbaland, The Neptunes ou RZA (producteur plus sombre), chaque album ayant le nom de Dr Dre apparaissant dessus rencontre alors le succès (ex : Xzibit, Truth Hurts, Mary J Blige...) .
Bientôt la suite!